Trouver l'amour au Québec en venant de l'étranger : entretien avec une conseillère en intégration

Publié le • Propos recueillis par Marika Bouchard, rédaction TopSiteRencontre.quebec

Portrait de Camille Nguyen, Conseillère en intégration et relations interculturelles

Entretien avec une conseillère en intégration sur les défis et stratégies de la rencontre amoureuse au Québec pour les immigrants et expatriés en 2026.

Camille Nguyen

Camille Nguyen

Conseillère en intégration et relations interculturelles — Montréal, 9 ans de pratique

intégration des immigrants, couples biculturels, codes culturels en matière de relations amoureuses

Camille Nguyen est un personnage éditorial qui synthétise les observations de conseillers en intégration interculturelle travaillant avec des immigrants au Québec. Les observations sont des tendances collectives, non des cas individuels.

Camille Nguyen est un personnage éditorial qui synthétise les observations de conseillers en intégration interculturelle travaillant avec des immigrants au Québec. Les observations sont des tendances collectives, non des cas individuels.

Dans le cadre de notre exploration des dynamiques interculturelles au Québec, nous avons eu l'opportunité de discuter avec Camille Nguyen, une conseillère en intégration et relations interculturelles basée à Montréal. Avec neuf ans d'expérience, Camille a accompagné de nombreux immigrants dans leur parcours amoureux au Québec. Son expertise couvre l'intégration des immigrants, les couples biculturels et les codes culturels en matière de relations amoureuses. Grâce à son approche empathique et réaliste, elle partage avec nous ses observations et conseils pour naviguer dans le monde complexe des rencontres interculturelles.

Camille, pourquoi la rencontre amoureuse est-elle particulièrement complexe pour les immigrants au Québec ?

Marika : Camille, on entend souvent que la rencontre amoureuse n'est jamais simple, mais pourquoi est-elle particulièrement complexe pour les immigrants au Québec ? Quelles sont les dynamiques spécifiques qui entrent en jeu ?
Camille Nguyen : Ce que j'entends souvent de mes clients, c'est que la complexité réside dans l'adaptation à de nouveaux codes culturels tout en conservant son identité propre. Quand tu arrives au Québec, tu fais face à une multitude de nouvelles règles sociales et amoureuses. Ça dépend beaucoup de d'où tu viens, bien sûr, mais les immigrants doivent souvent naviguer dans un paysage où les attentes et les comportements en matière de rencontres diffèrent grandement de leur pays d'origine. Par exemple, un geste perçu comme romantique ou poli dans une culture pourrait ne pas être bien compris ici. J'ai accompagné beaucoup de clients qui se sont sentis perdus face à des situations où la communication non verbale ou les codes de séduction québécois ne correspondaient pas à ce qu'ils connaissaient. La clé, c'est d'être ouvert et curieux, tout en prenant le temps d'observer et d'apprendre des Québécois eux-mêmes. Pour plus d'informations sur ces dynamiques, je recommande de consulter notre guide complet sur la rencontre interculturelle au Québec.

Les codes québécois de la séduction : ce qui choque les nouveaux arrivants

Marika : Quels sont les aspects des codes québécois de la séduction qui surprennent ou choquent le plus les nouveaux arrivants ? Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?
Camille Nguyen : Les nouveaux arrivants sont souvent surpris par la simplicité et la décontraction des Québécois dans les rencontres amoureuses. Par exemple, ici, il est courant de se tutoyer rapidement et d'adopter un ton informel, ce qui peut paraître trop familier pour ceux qui viennent de cultures où la formalité est la norme. Aussi, la transparence et l'honnêteté sont valorisées dans les relations québécoises, et cela inclut la volonté de discuter ouvertement de sujets qui pourraient être considérés comme tabous ailleurs. J'ai rencontré des personnes pour qui le fait que les Québécois n'hésitent pas à exprimer leurs sentiments ou à poser des questions directes a été un choc. Ça dépend aussi du pays d'origine, mais beaucoup sont surpris par la liberté et l'égalité des genres dans les interactions. Pour en savoir plus sur les spécificités québécoises, je vous suggère de lire notre article sur les codes culturels du Québécois en amour.
Femme d'origine asiatique et homme québécois couple heureux Vieux-Montréal

Comment les immigrants rencontrent-ils au Québec en pratique ?

Marika : En pratique, quelles sont les méthodes les plus courantes par lesquelles les immigrants font des rencontres amoureuses au Québec ? Est-ce que cela diffère beaucoup des méthodes québécoises traditionnelles ?
Camille Nguyen : Beaucoup d'immigrants commencent par les méthodes traditionnelles, comme les rencontres par le biais d'amis communs ou lors d'événements sociaux organisés par des communautés culturelles spécifiques. Cependant, avec l'évolution numérique, les applications de rencontre sont devenues un outil très populaire. Ce que j'entends souvent, c'est que ces plateformes offrent une opportunité d'interagir avec une diversité de profils, ce qui est précieux pour ceux qui cherchent à s'ouvrir à d'autres cultures. Mais soyons honnêtes, il y a aussi des défis. La barrière linguistique ou la peur des stéréotypes peuvent parfois limiter les interactions. Pour ceux qui préfèrent les rencontres en personne, plusieurs activités comme les cours de danse, les ateliers de cuisine ou les clubs de conversation sont des moyens efficaces pour briser la glace tout en découvrant la culture locale. Pour plus de ressources, la communauté de rencontre pour francophones au Canada est un excellent point de départ.

Les applications de rencontre : spécifiques aux immigrants ou généralistes ?

Marika : Les applications de rencontre sont-elles adaptées aux immigrants ou sont-elles plutôt conçues pour une population générale ? Y a-t-il des plateformes qui répondent spécifiquement aux besoins des nouveaux arrivants ?
Camille Nguyen : Les applications de rencontre populaires comme Tinder et Bumble sont généralistes, mais elles ont l'avantage d'avoir une base d'utilisateurs très diversifiée, ce qui peut être bénéfique pour les immigrants. Ces plateformes offrent généralement des interfaces en plusieurs langues, ce qui est un atout majeur. J'ai accompagné beaucoup de clients qui ont trouvé que ces applications leur permettaient d'explorer la culture québécoise à travers des interactions authentiques. Cependant, il existe aussi des plateformes plus spécialisées qui s'adressent à des communautés spécifiques. Par exemple, pour ceux qui cherchent des relations avec des femmes slaves, il y a des agences spécialisées qui facilitent ces rencontres depuis le Québec. Vous pouvez en apprendre plus dans notre guide sur rencontrer une femme slave depuis le Québec. L'important est de choisir une plateforme qui correspond à ses attentes et à ses besoins relationnels.

La barrière linguistique dans les relations : un frein ou une richesse ?

Marika : La barrière linguistique est souvent mentionnée comme un obstacle dans les relations interculturelles. Pensez-vous qu'elle est réellement un frein ou peut-elle être considérée comme une richesse ?
Camille Nguyen : La barrière linguistique peut être vue des deux façons. Ce que j'entends souvent, c'est que pour certains, c'est un obstacle initial, surtout si l'un des partenaires ne parle pas couramment le français ou l'anglais. Cela peut rendre la communication difficile et entraîner des malentendus. Cependant, pour d'autres, c'est une richesse. Cela pousse les couples à développer d'autres formes de communication, à être plus patients et à s'écouter vraiment. J'ai accompagné beaucoup de couples qui ont transformé cette barrière en une opportunité d'apprentissage mutuel. Apprendre la langue de son partenaire peut devenir un projet commun qui renforce le lien. De plus, cela permet de découvrir une nouvelle culture à travers la langue. La clé, c'est d'être ouvert et de voir cette barrière comme une chance de grandir ensemble.

Les préjugés que les Québécois(es) ont sur les immigrants, et l'inverse

Marika : Y a-t-il des préjugés courants que les Québécois(es) ont sur les immigrants, et réciproquement, quels préjugés les immigrants peuvent-ils avoir sur les Québécois(es) ?
Camille Nguyen : Soyons honnêtes, les préjugés existent des deux côtés, même si Montréal est une ville très ouverte. Du côté des Québécois, un préjugé courant est que les immigrants viennent principalement pour des raisons économiques et ne s'intéressent pas vraiment à la culture locale. Cela peut mener à des malentendus sur les intentions réelles dans les relations amoureuses. Par contre, beaucoup d'immigrants ont la perception que les Québécois sont froids ou distants. Ce sont souvent des impressions initiales qui se dissipent avec le temps et la compréhension mutuelle. J'ai travaillé avec des immigrants qui, après avoir passé du temps dans des environnements québécois, ont réalisé que cette distance perçue n'était qu'une forme de respect de l'espace personnel. C'est en brisant ces préjugés qu'on peut vraiment construire des relations solides. Pour ceux qui veulent se plonger dans ces dynamiques, l'agence québécoise spécialisée en couples biculturels offre des ressources utiles.

Familles transnationales : quand les parents du pays d'origine n'approuvent pas

Marika : Que faire lorsque les parents ou la famille dans le pays d'origine n'approuvent pas une relation avec un(e) Québécois(e) ? Quels conseils donneriez-vous dans ces situations souvent délicates ?
Camille Nguyen : Ce que j'entends souvent, c'est que la pression familiale peut être très forte, surtout dans certaines cultures où le choix du partenaire est traditionnellement influencé par la famille. La clé ici, c'est la communication. Il est important d'expliquer à sa famille les valeurs et les qualités de son partenaire québécois, et de les rassurer sur le sérieux de la relation. J'ai accompagné beaucoup de couples qui ont organisé des rencontres entre les familles, parfois virtuelles, pour permettre aux parents de mieux connaître le ou la partenaire. Cela peut atténuer les craintes et montrer que, malgré les différences culturelles, il y a beaucoup de respect et de compréhension dans la relation. Parfois, il est aussi utile de faire appel à un médiateur culturel ou un conseiller en relations interculturelles pour faciliter le dialogue. Pour ceux qui envisagent des démarches plus formelles, comme le mariage, il peut être judicieux de consulter des ressources sur le visa de fiancé et mariage international depuis le Canada.
Conseillère intégration bureau moderne Montréal souriant écran

Les avantages insoupçonnés d'un couple biculturel

Marika : Quels sont selon vous les avantages insoupçonnés d'être dans un couple biculturel ? Y a-t-il des bénéfices que l'on ne soupçonne pas au premier abord ?
Camille Nguyen : Les couples biculturels ont la chance unique de vivre une richesse culturelle au quotidien. Ce que j'entends souvent de mes clients, c'est qu'ils apprécient la diversité des perspectives et des traditions. Par exemple, célébrer les fêtes des deux cultures peut enrichir la vie de famille. Les enfants issus de ces unions grandissent souvent avec un esprit ouvert et une excellente capacité d'adaptation. J'ai accompagné beaucoup de couples qui ont découvert que leurs différences culturelles étaient en fait une source d'enrichissement personnel et de croissance. Cela peut aussi renforcer la créativité et la flexibilité dans la résolution de problèmes, car chaque partenaire apporte des approches uniques issues de leur propre culture. Les couples biculturels sont souvent plus résilients face aux défis, car ils ont déjà surmonté des obstacles culturels ensemble.

Quand chercher un(e) partenaire de la même culture vs s'ouvrir aux Québécois(es) de souche

Marika : Pour un immigrant, comment décider s'il est préférable de chercher un(e) partenaire de la même culture ou de s'ouvrir à des rencontres avec des Québécois(es) de souche ? Quelles sont les considérations à prendre en compte ?
Camille Nguyen : La décision de chercher un partenaire de la même culture ou de s'ouvrir à d'autres dépend beaucoup des objectifs personnels et des valeurs de chacun. Pour certains, partager la même langue maternelle et les mêmes traditions peut apporter un sentiment de confort et de compréhension mutuelle immédiate. Cependant, s'ouvrir à des Québécois de souche offre l'opportunité d'apprendre et de s'intégrer plus profondément à la culture locale. J'ai travaillé avec des clients qui ont trouvé que sortir de leur zone de confort les a aidés à grandir et à voir le monde sous un nouvel angle. La clé, c'est de rester fidèle à ses propres attentes et désirs tout en étant ouvert à la découverte. Pour ceux qui hésitent, participer à des événements multiculturels peut être une bonne façon de tester les eaux avant de prendre une décision définitive.

Questions rapides : vrai/faux sur la rencontre entre immigrants et Québécois

Marika : Camille, on va faire une petite session de questions rapides. Vrai ou faux : Les Québécois sont généralement ouverts aux relations avec des immigrants ? Faut-il mentionner son statut d'immigration sur son profil de rencontre ?
Camille Nguyen : Vrai, les Québécois sont généralement ouverts aux relations avec des immigrants, surtout dans une ville aussi multiculturelle que Montréal. Pour le statut d'immigration, il n'y a aucune obligation de le mentionner sur un profil de rencontre. Beaucoup préfèrent ne pas le faire pour éviter la stigmatisation précoce. En revanche, c'est un sujet qui peut être abordé naturellement dans les premières conversations pour établir une relation fondée sur la personne, pas le statut.

Les 3 conseils essentiels de Camille pour un immigrant qui se lance

Marika : Enfin, Camille, quels sont vos trois conseils essentiels pour un immigrant qui se lance dans la recherche d'un partenaire romantique au Québec ?
Camille Nguyen : Premièrement, soyez patient et ouvert d'esprit. L'adaptation à une nouvelle culture prend du temps et vous pourriez faire face à des malentendus. Deuxièmement, impliquez-vous dans la communauté locale. Participez à des événements culturels, des cours de langue ou des activités de bénévolat pour élargir votre réseau et mieux comprendre la culture québécoise. Enfin, n'ayez pas peur de demander de l'aide. Que ce soit par l'intermédiaire de conseillers ou d'amis, obtenir des conseils de ceux qui ont déjà traversé ce chemin peut être inestimable. Ces ressources et d'autres peuvent être trouvées sur le site de rencontre pour francophones au Canada.

FAQ

Q : Quel site de rencontre est le plus utilisé par les immigrants au Québec ? Tinder et Bumble sont les plus utilisés par les immigrants récents (moins de 3 ans au Québec) car leur interface est disponible en plusieurs langues et la base d'utilisateurs est diversifiée. Pour des immigrants francophones cherchant des partenaires québécois de souche, MonClasseur et Réseau Contact sont mieux adaptés.

Q : Est-il plus facile de rencontrer au Québec si on parle français courant ? Considérablement, oui. Pas seulement pour la communication, mais parce que le niveau de langue reflète le degré d'intégration aux yeux des Québécois de souche. Un français avec accent mais fluide est très bien reçu. Un français hésitant limite les connexions, surtout après 35 ans.

Q : Les Québécois sont-ils ouverts aux relations avec des immigrants ? Très majoritairement oui — Montréal est l'une des villes les plus multiculturelles du monde et l'ouverture à la mixité culturelle est dans l'ADN de la métropole. Les zones rurales et certaines régions ont des dynamiques plus homogènes, mais la norme urbaine est l'ouverture.

Q : Faut-il mentionner son statut d'immigration sur son profil de rencontre ? Il n'y a aucune obligation. Beaucoup d'immigrants ne le mentionnent pas dans le profil mais l'abordent naturellement dans les premières conversations. Cela évite la stigmatisation précoce tout en permettant une relation fondée sur la personne, pas le statut.

Q : Y a-t-il des groupes ou événements de rencontre spécialisés pour immigrants à Montréal ? Oui : Meetup Montréal propose des groupes de langue (Meetup French Practice, Meetup Spanish Conversation) qui sont d'excellents réseaux de socialisation mixte. Le YMCA et les maisons de la culture organisent aussi des activités favorisant la rencontre interculturelle informelle.