Arnaques sentimentales au Québec : pourquoi les nouveaux arrivants sont la cible privilégiée des fraudeurs en 2026
Les nouveaux arrivants au Canada sont environ deux fois plus susceptibles d'être victimes de fraude que les autres résidents, selon un sondage cité par la Banque Scotia. Le Centre antifraude du Canada a enregistré 63,3 M$ CAD de pertes liées aux arnaques sentimentales en 2025. Voici pourquoi les immigrants sont une cible privilégiée sur les sites de rencontre, et comment s'en protéger concrètement au Québec.
63,3 millions de dollars volés par la romance frauduleuse : le constat du Centre antifraude du Canada pour 2025
Les stratagèmes amoureux ont coûté 63,3 millions de dollars aux Canadiens en 2025, selon les données déclarées au Centre antifraude du Canada (CAFC). Ce chiffre, déjà massif, ne représente pourtant qu'une fraction du préjudice réel : l'organisme fédéral estime que seulement 5 à 10 % des fraudes sont réellement signalées. À l'échelle du pays, les pertes totales liées aux arnaques sentimentales approcheraient donc potentiellement les 500 millions annuels, une estimation relayée par Le Soleil en janvier 2026 pour l'est du Québec, bien que ce montant ne constitue pas un chiffre officiel du CAFC. Derrière les investissements frauduleux (351 M$) et l'hameçonnage ciblé (67,9 M$), la fraude à la romance se hisse parmi les escroqueries les plus coûteuses du Canada, avec 1 093 signalements et 933 victimes identifiées dans la seule année 2025.
Cette réalité frappe encore plus durement les nouveaux arrivants. Un sondage cité par la Banque Scotia et relayé sur lemediadesnouveauxcanadiens.ca révèle que 38 % d'entre eux déclarent avoir subi au moins une fraude, soit plus du double de la population générale (17 %). L'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) documente spécifiquement cette vulnérabilité : entre la quête de stabilité administrative, l'isolement social fréquent à l'arrivée et la méconnaissance des recours disponibles, les immigrants constituent une cible de choix. Les fraudeurs exploitent cette urgence affective liée à l'adaptation, multipliant les approches sur les réseaux sociaux et les applications de rencontre où la promesse d'une connexion humaine fait écran aux mécanismes de défense habituels.
Le coût humain dépasse largement l'aspect financier. Le Journal de Montréal rapportait en 2025 que les victimes de fraude amoureuse présentent un risque accru de détresse psychologique sévère, certaines études évoquant même un risque de passage à l'acte suicidaire chez les personnes les plus touchées financièrement et émotionnellement. Pour les nouveaux arrivants, cette détresse s'ajoute souvent à la précarité liée à l'établissement, créant un effet boule de neige particulièrement dévastateur.
Se protéger demande des gestes concrets et immédiats. La Sûreté du Québec et le SPVM recommandent systématiquement de créer un courriel et un nom d'utilisateur distincts pour les applications de rencontre, de jamais divulguer son adresse ou son lieu de travail avant une rencontre en personne, et de privilégier un lieu public pour cette première rencontre en informant obligatoirement un proche — les mêmes précautions détaillées dans notre guide de sécurité pour la rencontre en ligne au Québec. L'appel vidéo et la recherche d'image inversée permettent de vérifier l'identité avant tout engagement émotionnel. Méfiance élémentaire face aux profils pressés de quitter la plateforme ou qui sollicitent des virements, de l'argent ou des cartes-cadeaux — ces demandes, même camouflées dans un récit d'urgence médicale ou de problème douanier, signalent presque toujours une arnaque. En cas de doute, le 211 Québec oriente vers les ressources adaptées, tandis que le CAFC centralise les signalements pour alerter la communauté.
Pourquoi les nouveaux arrivants sont deux fois plus visés que les résidents établis
Les nouveaux arrivants au Québec subissent un double choc : l'installation dans un pays étranger et la reconstruction d'un réseau social à partir de zéro. Cette vulnérabilité structurelle se traduit par des chiffres alarmants, comme évoqué plus haut. Le Centre antifraude du Canada confirme que les stratagèmes amoureux figurent parmi les plus coûteux au pays, et l'organisme précise que les signalements officiels ne représentent probablement qu'une fraction des fraudes réelles, la honte et l'isolement poussant la majorité des victimes au silence.

Plusieurs facteurs expliquent cette surreprésentation. L'urgence affective liée à l'adaptation — la solitude d'un appartement neuf à Montréal ou Laval, l'absence de famille proche — crée une ouverture émotionnelle que les fraudeurs exploitent méthodiquement. La méconnaissance des usages locaux de rencontre, des rythmes relationnels québécois, rend difficile l'évaluation des comportements suspects. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada documente d'ailleurs que les arnaques sentimentales ciblant les nouveaux arrivants passent fréquemment par les sites de rencontre et les réseaux sociaux, souvent après une phase d'immigration frauduleuse — faux représentants, demandes d'argent urgent liées à un dossier d'immigration, promesses de résultats garantis. Le fraudeur construit une confiance hybride : amoureuse et administrative, exploitant la peur de l'expulsion ou le désir d'appartenance.
La Sûreté du Québec et le SPVM recommandent des gestes concrets et immédiats : jamais d'adresse ou de lieu de travail partagé avant une rencontre physique, un nom d'utilisateur et un courriel distincts réservés aux applications de rencontre, une vérification systématique par appel vidéo avant tout investissement émotionnel. La recherche d'image inversée permet souvent de découvrir que la photo de « Marc, ingénieur à Québec » circule sur douze profils différents. Se méfier de celui ou celle qui presse de quitter la plateforme pour WhatsApp ou Telegram, qui évoque une urgence financière — soi-disant bloqué·e à l'aéroport, maladie subite d'un proche — et qui demande des cartes-cadeaux ou des virements Western Union.
Pour une première rencontre, privilégier un lieu public, en informer un proche — même récemment rencontré dans un groupe d'accueil — et fixer un point de contrôle horaire. En cas de doute, le 211 Québec oriente vers les ressources adaptées, tandis que le CAFC centralise les signalements. Le Soleil notait en janvier 2026 une hausse des fraudes amoureuses dans l'est du Québec, avec une estimation non officielle d'environ 100 M$ de pertes annuelles au Québec sur un total canadien estimé à 500 M$. Ces chiffres, bien que non consolidés par le CAFC, traduisent une réalité observable : la fraude sentimentale n'est pas une faille de naïveté individuelle, mais une industrie structurée qui cible méthodiquement ceux qui construisent leur vie à neuf.
Les pièges spécifiques qui exploitent le statut d'immigrant : de la promesse d'aide à l'installation jusqu'à la fraude à l'immigration croisée
Le statut d'immigrant fraîchement installé crée une faille que les fraudeurs savent repérer. Cette vulnérabilité, déjà chiffrée dans les données de la Banque Scotia évoquées en ouverture, s'explique concrètement : l'isolement social durant les premiers mois d'installation, la méconnaissance des pratiques relationnelles locales et la pression affective liée à la reconstruction d'un réseau social poussent certains à accorder leur confiance plus rapidement qu'ils ne le feraient dans leur pays d'origine.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada documente par ailleurs des schémas spécifiques ciblant les nouveaux arrivants, où l'arnaque sentimentale s'hybride fréquemment avec la fraude à l'immigration — faux représentants promettant des résultats garantis, demandes d'argent urgent liées à un prétexte administratoire. Ces mécanismes de confusion délibérée profitent de l'anxiété légitime entourant les démarches de résidence permanente ou de citoyenneté.
Les fraudeurs adaptent leur discours à cette réalité. Un profil peut se présenter comme un compatriote déjà bien installé, offrant de l'aide pour trouver un logement ou un emploi, avant de basculer vers des demandes financières. D'autres exploitent directement l'anxiété liée au statut d'immigration, feignant une relation sérieuse pour ensuite inventer une urgence médicale ou un problème juridique nécessitant un virement rapide. La dimension psychologique de ces arnaques est particulièrement préoccupante pour ceux qui ont déjà traversé les traumatismes de l'exil — la double trahison, affective et administrative, renforce le sentiment d'insécurité dans le pays d'accueil.
La protection passe par des gestes concrets documentés par la Sûreté du Québec et le SPVM. Utiliser un nom d'utilisateur et une adresse courriel distincts pour les applications de rencontre, ne jamais divulguer son adresse ou son lieu de travail avant une rencontre en personne, privilégier un lieu public pour cette première rencontre et en informer un proche. La vérification d'identité par appel vidéo et la recherche d'image inversée restent des outils simples, sur des techniques plus poussées de vérification — un fraudeur peut aujourd'hui utiliser l'intelligence artificielle pour tromper une vérification vidéo, comme le détaille notre article sur les deepfakes et la vérification d'identité par IA. Se méfier surtout de celui ou celle qui presse de quitter la plateforme de rencontre pour un canal privé, ou qui évoque une urgence financière avant même s'être rencontré — ces deux comportements figurent parmi les signaux d'alerte les plus constants relevés par les services de prévention québécois.
L'isolement social comme levier émotionnel : comment les fraudeurs construisent la confiance avec les personnes en situation de déracinement
Les fraudeurs savent exactement quelle corde sensible faire vibrer. Quelqu'un qui vient d'atterrir à Montréal ou à Québec, sans réseau familial, sans collègues de longue date, sans ces amis qui traînent depuis le cégep pour détecter les mauvaises fréquences, constitue une cible statistiquement plus exposée. Le déséquilibre déjà documenté entre nouveaux arrivants et résidents établis ne tient pas au hasard.

L'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada met en garde contre une constellation de fraudes — faux représentants en immigration, demandes d'argent urgent, promesses de résultats garantis — qui exploitent la même faille : la méconnaissance des rouages administratifs locaux et la pression d'enjeux existentiels. Les arnaques sentimentales s'inscrivent dans cette logique, mais avec une dimension supplémentaire. Elles ciblent le besoin d'ancrage affectif dans un contexte de déracinement. Le profil qui écrit « je comprends ce que tu traverses, moi aussi je suis loin de chez moi » ou qui feint de partager une expérience d'immigration similaire ne fait pas que séduire : il simule la communauté que la personne n'a pas encore trouvée.
Parmi les victimes sous-déclarées, les nouveaux arrivants sont probablement surreprésentés. La honte linguistique — le malaise de raconter en français ou en anglais encore hésitant qu'on s'est fait duper — ajoute une couche de silence. La détresse psychologique qui s'ensuit peut paralyser davantage encore pour quelqu'un qui a déjà traversé l'immigration, créant un effondrement cumulé difficile à surmonter seul.
La Sûreté du Québec et le SPVM, dans leurs guides destinés aux nouveaux arrivants, insistent sur des gestes concrets qui brisent le cycle d'isolement exploité par les fraudeurs : utiliser un courriel distinct pour les applications de rencontre, vérifier l'identité par appel vidéo avant toute émotion investie, informer un proche de chaque rencontre prévue. Ces consignes techniques masquent une réalité plus profonde : elles consistent à recréer artificiellement ce filet social que le déracinement a fait disparaître. Le fraudeur compte sur l'absence de cette personne à qui raconter, de ce regard extérieur qui dirait « attends, ça sent le roussi ». Le 211 Québec et les services de prévention de la Sûreté du Québec existent précisément pour pallier cette absence temporaire, en offrant un point de contact local crédible quand le réseau personnel fait défaut.
Les signaux d'alarme que la Sûreté du Québec et le SPVM identifient comme spécifiques aux arnaques sentimentales
Les nouveaux arrivants au Québec se retrouvent dans une position de vulnérabilité que les fraudeurs exploitent méthodiquement. Cette surreprésentation, établie dès le premier paragraphe de cet article, ne relève pas du hasard : l'isolement social consécutif à l'installation, la méconnaissance des pratiques relationnelles locales et l'urgence affective liée à la reconstruction d'un réseau social créent des conditions propices aux stratagèmes amoureux. L'organisation fédérale précise que les chiffres officiels ne reflètent qu'une fraction des fraudes réelles, le reste demeurant non déclaré par honte ou par ignorance des recours disponibles.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada alerte spécifiquement sur les arnaques qui ciblent les personnes en processus d'établissement : faux représentants, demandes d'argent urgent sous prétexte administratif, promesses de résultats garantis en matière d'immigration. Ces mécanismes de confiance artificielle se transposent directement dans la sphère sentimentale. Le fraudeur construit un profil qui résonne avec les attentes d'un nouveau venu — intérêt marqué pour la culture d'origine, promesse d'aide à l'intégration, discours rassurant sur l'avenir au Québec — avant d'introduire progressivement des demandes financières. Pour quelqu'un qui a déjà investi énergétiquement dans une démarche d'immigration, la double perte — amoureuse et matérielle — peut s'avérer particulièrement dévastatrice, d'où l'importance cruciale de repérer les signaux avant qu'il ne soit trop tard.
La Sûreté du Québec et le SPVM ont identifié des signaux d'alarme récurrents que les nouveaux arrivants doivent intégrer rapidement. Le profil qui insiste pour quitter la plateforme de rencontre au profit d'une communication privée (courriel personnel, WhatsApp, Telegram) dans les premiers échanges mérite la méfiance, tout comme les autres signaux détaillés dans notre guide des 25 signaux d'alerte en rencontre en ligne : cette migration rapide isole la cible des mécanismes de signalement des applis. La demande d'argent, quelle que soit la justification — urgence médicale, problème de douane pour un colis, aide à un prétendu enfant — constitue un seuil absolu. Le SPVM recommande dans sa fiche dédiée aux nouveaux arrivants et demandeurs d'asile de vérifier systématiquement l'identité par appel vidéo et par recherche d'image inversée, et de maintenir un nom d'utilisateur et une adresse courriel distincts de ceux utilisés professionnellement ou bancairement. La première rencontre physique, si elle a lieu, doit impérativement se dérouler dans un lieu public, avec une personne de confiance informée du lieu et de l'heure. Le service 211 Québec, le CAFC et les ressources de Québec.ca dans la section « S'installer et s'intégrer au Québec » offrent des points d'ancrage pour celles et ceux qui hésitent encore à parler de leur situation.
Se protéger sans s'isoler : protocoles concrets pour utiliser les applis de rencontre en toute sécurité à Montréal, Québec et ailleurs
Les nouveaux arrivants au Québec subissent une pression statistique documentée dès l'ouverture de cet article. Cette vulnérabilité ne relève pas d'une naïveté individuelle : elle s'enracine dans des conditions structurelles que les fraudeurs exploitent méthodiquement. L'isolement social initial, la méconnaissance des pratiques relationnelles locales et l'urgence affective liée à l'adaptation créent une surface d'attaque que les autorités canadiennes observent depuis des années dans leurs rapports annuels.
L'organisme fédéral estime pourtant que les chiffres officiels ne représentent qu'une fraction des fraudes réelles, la majorité restant non déclarée par honte ou par méconnaissance des recours. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada documente spécifiquement cette cible : les arnaques sentimentales s'y greffent sur les mêmes canaux que les fraudes à l'emploi et à l'immigration, avec des demandes d'argent urgent et des promesses de résultats garantis. Le fraudeur construit une relation de confiance avant d'inventer une crise — frais médicaux, problème de visa, blocage de compte — que la victime, encore désorientée par ses propres démarches administratives, peine à identifier comme fictive.
La protection passe par des gestes concrets avant tout échange sensible. La Sûreté du Québec et le SPVM recommandent systématiquement de créer un courriel et un nom d'utilisateur distincts pour les applications de rencontre, sans jamais y relier son adresse domiciliaire, son lieu de travail ou ses informations bancaires. L'appel vidéo et la recherche d'image inversée permettent de vérifier l'identité du correspondant, tandis que toute pression pour quitter rapidement la plateforme vers une messagerie privée ou toute demande d'argent, de virements ou de cartes-cadeaux doivent déclencher une rupture immédiate de contact. Pour une première rencontre, privilégier un lieu public et en informer un proche reste le réflexe de base, particulièrement pour ceux qui n'ont pas encore tissé de réseau local de confiance.
Les ressources québécoises existent, mais les nouveaux arrivants les sous-utilisent souvent par manque de familiarité. Le CAFC centralise les signalements, la Sûreté du Québec et le SPVM proposent des services de prévention avec des fiches dédiées aux nouveaux arrivants et demandeurs d'asile, 211 Québec oriente vers l'aide adaptée, et Québec.ca regroupe les démarches d'établissement. La détresse psychologique documentée dans la presse montréalaise rappelle que la fraude amoureuse laisse des séquelles bien au-delà du portefeuille. Connaître ces ressources avant d'en avoir besoin, c'est déjà réduire l'isolement que le fraudeur compte exploiter.
Où trouver de l'aide au Québec : les ressources francophones pour signaler, se faire accompagner et rompre le silence
Les nouveaux arrivants au Québec constituent une cible statistiquement privilégiée des fraudeurs sentimentaux, comme établi dès le premier paragraphe de cet article. Cette vulnérabilité ne tient pas au manque d'intelligence, mais à un cocktail démographique et social bien documenté : l'isolement géographique des réseaux familiaux, la méconnaissance des recours juridiques locaux, et cette urgence affective particulière qui accompagne l'installation dans une société nouvelle. Quand on débarque à Montréal ou à Québec sans connaissance approfondie du fonctionnement des institutions, on cherche naturellement des points d'ancrage humains — et les fraudeurs le savent, un constat que développe aussi notre entretien sur l'expérience amoureuse des immigrants au Québec.
L'organisme fédéral estime que les signalements officiels ne représentent qu'une fraction des fraudes réelles, ce qui laisse entrevoir un iceberg dont la partie immergée frappe particulièrement les communautés moins enclines à dénoncer par crainte administrative ou linguistique. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada documente d'ailleurs spécifiquement cette problématique : les fraudeurs exploitent l'anxiété liée au statut d'immigration, mêlant parfois fausses promesses administratives et manipulation affective pour extorquer de l'argent urgent. La méthode est rodée — on cultive la confiance pendant des semaines, puis on invente une crise médicale, un problème de visa ou un blocage bancaire.
La protection passe d'abord par la rupture du secret. La Sûreté du Québec et le SPVM recommandent des gestes concrets et immédiats : jamais d'adresse, de lieu de travail ou d'informations bancaires partagés avant une rencontre physique vérifiée ; un nom d'utilisateur et un courriel distincts réservés aux applications de rencontre ; une vérification systématique par appel vidéo et recherche d'image inversée. La méfiance doit s'activer dès qu'un profil presse pour quitter la plateforme rapidement ou évoque des difficultés financières nécessitant de l'aide — cartes-cadeaux, virements Western Union, cryptomonnaies. Pour la première rencontre, un lieu public et un proche informé de l'heure et du lieu sont des barrières simples mais efficaces. La détresse psychologique sévère que peuvent subir les victimes, parfois jusqu'à des idéations suicidaires chez les plus touchées, rend la prévention d'autant plus urgente.
Au Québec, plusieurs ressources francophones permettent de signaler et de se faire accompagner sans jugement. Le Centre antifraude du Canada centralise les signalements et alimente les enquêtes policières. La Sûreté du Québec et le SPVM maintiennent des services de prévention, dont une fiche dédiée aux nouveaux arrivants et demandeurs d'asile. Le 211 Québec offre un service d'information et de référence gratuit, tandis que le portail Québec.ca regroupe dans sa section « S'installer et s'intégrer au Québec » des guides pratiques pour reconnaître les pièges. Rompre le silence, même tardivement, reste le geste le plus dissuasif contre ces réseaux qui comptent sur l'isolement pour prospérer. Pour les nouveaux arrivants qui préfèrent un accompagnement plus encadré plutôt qu'une application generaliste, une agence comme CQMI propose une mise en relation supervisée, avec vérification préalable des profils.
FAQ — Sécurité des nouveaux arrivants face aux arnaques sentimentales
Pourquoi les nouveaux arrivants sont-ils plus visés par les arnaques sentimentales au Québec?
L'isolement social et la pression d'intégration créent une vulnérabilité documentée. Selon un sondage cité par la Banque Scotia et relayé par lemediadesnouveauxcanadiens.ca, les nouveaux arrivants au Canada seraient environ deux fois plus susceptibles d'être victimes de fraude que les autres résidents : 38% déclarent avoir subi au moins une fraude, contre 17% des autres Canadiens. Cette surreprésentation s'explique par plusieurs facteurs concrets : la méconnaissance des usages de consommation locale, la difficulté à repérer les signaux d'alarme dans une langue seconde, et souvent une urgence affective liée à la rupture des réseaux familiaux et amicaux. L'arnaqueur exploite cette solitude en simulant un accompagnement émotionnel intense, parfois sur plusieurs semaines, avant de demander de l'argent.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) documente d'ailleurs spécifiquement ce profil de cible dans ses guides d'avertissement : les fraudeurs ciblent les personnes en période de transition, peu familières avec les mécanismes de signalement canadiens. La peur de perdre une relation prometteuse — surtout quand on cherche à reconstruire un cercle social — fait hésiter les victimes à poser les questions directes qui démasqueraient l'escroc.
Quels chiffres le Centre antifraude du Canada publie-t-il sur les pertes liées aux arnaques sentimentales?
Le Centre antifraude du Canada (CAFC) a enregistré pour 2025 des pertes déclarées de 63,3 M$ CAD spécifiquement pour les stratagèmes amoureux et de rencontre, avec 1 093 signalements et 933 victimes identifiées. Cela place cette fraude parmi les plus coûteuses au pays, derrière seulement les fraudes à l'investissement (351 M$) et l'hameçonnage ciblé (67,9 M$). Le CAFC estime cependant que les signalements ne représentent que 5 à 10% des fraudes réelles, ce qui laisse entrevoir un volume de victimes et de pertes bien supérieur.
Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte plus large : les pertes totales déclarées au Canada pour l'ensemble des fraudes ont dépassé 704 M$ CAD en 2025. Le Soleil rapportait en janvier 2026 une hausse des fraudes amoureuses dans l'est du Québec, avec une estimation sectorielle d'environ 500 M$ de pertes annuelles liées aux fraudes amoureuses au Canada — dont environ 20% au Québec, soit ~100 M$. Il s'agit là d'une estimation médiatique, non d'un chiffre officiel du CAFC, à interpréter avec prudence.
Comment la fraude amoureuse affecte-t-elle concrètement la santé des victimes au-delà des pertes financières?
Le Journal de Montréal rapportait en 2025 que les victimes de fraude amoureuse subissent une détresse psychologique sévère, certaines études évoquant un risque accru de passage à l'acte suicidaire chez les personnes les plus touchées financièrement et émotionnellement. La particularité de cette fraude réside dans la double trahison : non seulement l'argent disparaît, mais l'intimité partagée — les confidences, les projets de vie, parfois des échanges intimes — s'avère entièrement fabriquée. Pour un nouveau arrivant qui a déjà investi émotionnellement dans la relation comme ancrage dans son nouveau pays, cette révélation provoque souvent une crise identitaire profonde.
Les recherches documentées montrent que le sentiment de honte retarde le signalement de plusieurs mois, voire années. Cette honte est particulièrement forte chez les immigrants qui craignent déjà d'être perçus comme naïfs ou mal adaptés à leur société d'accueil. Le silence renforce l'isolement initial qui les avait rendus vulnérables, créant un cycle difficile à briser sans intervention extérieure.
Quelles mesures concrètes de protection recommandent les autorités québécoises?
La Sûreté du Québec, le SPVM et les guides d'établissement pour nouveaux arrivants convergent sur plusieurs pratiques immédiates. Ne jamais partager son adresse, son lieu de travail ou ses informations bancaires avec une personne rencontrée en ligne. Utiliser un nom d'utilisateur et une adresse courriel distincts, réservés aux applications de rencontre, pour limiter les fuites de données personnelles. Vérifier l'identité de l'interlocuteur par appel vidéo avant toute rencontre, et effectuer une recherche d'image inversée sur les photos du profil — technique simple qui déjoue de nombreux escrocs utilisant des photos volées.
Se méfier des profils pressant de quitter rapidement la plateforme de rencontre pour des conversations privées, et de toute demande d'argent, de virements ou de cartes-cadeaux, quelle que soit l'urgence invoquée. Pour une première rencontre physique, privilégier un lieu public et en informer obligatoirement un proche. Le SPVM maintient d'ailleurs une fiche dédiée aux nouveaux arrivants et demandeurs d'asile, reprenant ces conseils adaptés à leur situation spécifique.
Où signaler une arnaque sentimentale et obtenir de l'aide au Québec?
Le Centre antifraude du Canada (CAFC) constitue le point de signalement national obligatoire, joignable en ligne ou par téléphone. Pour les démarches policières au Québec, la Sûreté du Québec et le SPVM offrent des services de prévention et d'accueil du signalement, ce dernier disposant comme mentionné d'une fiche spécifique pour les nouveaux arrivants. Le 211 Québec, service d'information et de référence, oriente vers les ressources locales adaptées, notamment en matière de soutien psychologique.
Le site Québec.ca, section « S'installer et s'intégrer au Québec », recense également les démarches de protection. Pour les jeunes victimes ou leurs proches, Jeunesse J'écoute offre une écoute spécialisée. Si la fraude implique une menace liée au statut d'immigration — faux représentant promettant des résultats garantis contre paiement —, IRCC recommande de vérifier systématiquement via ses canaux officiels et de signaler au CAFC, car cette variante cible spécifiquement les personnes en démarches administratives.
À lire aussi : Consultez notre guide des 25 signaux d'alerte en rencontre en ligne.















